Jeudi, pour faire face à l’afflux d’immigrés tunisiens, l’Italie a annoncé des mesures de « régularisation ». Une mesure contestée par la France.
Alors que le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, compte réduire l’immigration légale, la déclaration, jeudi, de son homologue italien, Roberto Maroni, a provoqué un choc : « Nous avons décidé d’octroyer des permis de séjour temporaires pour protection humanitaire qui permettront (aux migrants tunisiens) de voyager dans les pays de l’espace Schengen. » Depuis la chute du président tunisien Ben Ali à la mi-janvier, plus de 20.000 immigrés, essentiellement Tunisiens, ont débarqué clandestinement sur la petite île de Lampedusa, 20 km2 et 5.000 habitants, à mi-chemin entre la Sicile et la Tunisie. Une cohabitation avec la population locale qualifiée d’« absolument insoutenable » par la porte-parole pour l’Italie du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, Laura Boldrini.
Dès la déclaration de son ministre de l’Intérieur, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, s’est empressé de signer le décret autorisant ces permis. La réaction de Paris, qui n’entend pas « subir une vague d’immigration », n’a pas tardé. Pour circuler « à l’intérieur de l’espace Schengen, a protesté Claude Guéant, il ne suffit pas d’avoir une autorisation de séjour dans (un des Etats membres), encore faut-il avoir des documents d’identité et, surtout, justifier de ressources ». Et d’envoyer à tous les préfets une circulaire précisant tous les documents requis pour pénétrer sur le territoire : passeport national valide, titre de séjour, titre de voyage, ressources minimales, justification du but du voyage… Autrement dit : « Si ces conditions ne sont pas réunies, la France est tout à fait en droit de ramener en Italie » les personnes concernées. « C’est ce qu’elle fera. » Pour Roberto Maroni, il s’agit là d’« un comportement hostile » de Paris. Il insiste : « La libre circulation dans la zone Schengen est garantie par des règles qui doivent être respectées. » Enfin, il souligne : « L’écrasante majorité des immigrés déclarent vouloir rejoindre amis et proches en France ou dans d’autres pays européens. »








